Aller au contenu

L'Adret

Le versant habité.

Bureau de GrenobleIsère et communes d'étage. Après la saison, les routes et les cabinets.

Santé

Nuit de garde au CHU : la salle d'attente ne se vide plus

Ingrid Faure-Hansen · 30 août 2026

Entrée des urgences du CHU de Grenoble, auvent et signalétique
Entrée des urgences du CHU Grenoble-Alpes, à La Tronche. Photo Wikimedia Commons.

Entre 23 heures et 5 heures, le service d'accueil des urgences du CHU Grenoble-Alpes enchaîne les passages sans trou. L'intérim tient le tableau. Les communes d'étage envoient leurs patients plus loin, plus tard.

À 1 h 10, treize personnes attendent encore un box. Deux sont venues du Bourg-d'Oisans, une de Mens, une de Saint-Marcellin. Le reste habite l'agglomération. L'interne de garde ne commente pas les origines. Il appelle les noms dans l'ordre du tri.

La direction confirme un taux d'intérim supérieur à 20 % sur les lignes de nuit en août. Les vacations se vendent plus cher qu'en février. Le CHU ne publie pas le coût ligne à ligne. Il dit tenir le service. Les soignants, eux, parlent de reports de pauses et de brancards dans le couloir du scanner.

Les cabinets de montagne ferment à 19 heures, parfois plus tôt le vendredi. Après, le 15 oriente vers La Tronche. Un couple de Villard-de-Lans a mis une heure et quart, route sèche. Ils n'ont pas trouvé de médecin de garde sur le plateau. Le dossier le note : « recours faute de relais local ».

Le Samu Isère a traité, cette nuit-là, quatre sorties vers des communes au-dessus de 900 mètres. Deux concernaient des chutes, une une douleur thoracique, une un enfant fébrile. Aucune n'avait de lit d'aval immédiat hors CHU.

Anne-Laure Buisson, qui n'est pas médecin, a passé deux heures dans la salle. Elle en retire une phrase pour la rédaction : le journal ne parlera pas d'« hôpital sous tension » sans horaires, sans origine des patients, sans statut des contrats.

Un cadre de nuit, sous couvert d'anonymat, décrit une règle simple : « On ne ferme pas. On allonge. » Allonger, ici, veut dire une chaise de plus, un brancard de plus, un appel de plus à l'intérim à 3 heures.

Demain, la commission médicale du CHU doit examiner le calendrier d'automne. Les élus d'Oisans ont demandé un créneau. Ils veulent savoir si une antenne de nuit peut tenir à Bourg. La réponse, pour l'instant, tient en un mot entendu dans le couloir : non.