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L'Adret

Le versant habité.

Bureau de GrenobleIsère et communes d'étage. Après la saison, les routes et les cabinets.

Monde

Briançon : la directive transfrontalière rattrape les contrats du col

Sigrid Arnaud · 21 août 2026

Toits et remparts de Briançon, ville-frontière des Hautes-Alpes
Briançon, côté remparts. La ville reste le point d'appui des travailleurs qui passent vers l'Italie. Photo Wikimedia Commons.

Une directive européenne sur le détachement, transposée cet été, impose de nouvelles déclarations aux entreprises qui font passer des salariés par le col de Montgenèvre. À Briançon, les cabinets comptables ont allongé leurs rendez-vous.

Sigrid Arnaud a ouvert trois dossiers, avec l'accord des salariés. Tous habitent le Briançonnais. Tous travaillent, par périodes, côté italien, dans le bâtiment ou l'hôtellerie d'altitude.

Le nouveau formulaire demande un calendrier précis des jours travaillés hors de France. Les anciennes habitudes — une semaine ici, une semaine là, sans papier — ne passent plus l'automne.

Un artisan de Nevache dit avoir perdu un chantier à Claviere faute de pièce. Il ne conteste pas la règle. Il conteste le délai : quinze jours pour se mettre à jour, en pleine fin de saison.

La préfecture des Hautes-Alpes a ouvert une permanence le mercredi. La queue dépasse l'escalier. Grenoble, siège de L'Adret, n'est pas loin sur la carte et très loin sur le dossier : la frontière se traite à Briançon.

Nous n'écrirons pas que « l'Europe arrive dans les Alpes ». Elle y est déjà. Ce qui arrive, c'est un dossier de plus sur une table de cuisine.

Les syndicats transfrontaliers demandent un modèle unique FR-IT. Ils n'ont pas de date.